L’art public extérieur fait partie intégrante de notre paysage et contribue à donner une identité unique à notre milieu de vie. Au détour d’une rue, dans un parc ou sur une place publique, ces œuvres invitent à la découverte, à la réflexion et à l’émerveillement.
Accessible à tous, en tout temps, l’art public transforme notre quotidien et crée des occasions de rencontre entre les citoyens, les artistes et leur environnement. On vous invite à parcourir ces œuvres, à les apprivoiser… et à porter un nouveau regard sur votre ville.
Beauharnois dévoilait en 2018 l’impressionnante fresque peinte sur le mur ouest de la bibliothèque de Beauharnois.
UNE RÉALISATION PLUS GRANDE QUE NATURE !
Cette fresque de 900 pieds carrés se veut un lègue tangible aux résidents de Beauharnois de plus de 150 ans d’histoire. L’œuvre d’art se devait d’être située au cœur culturel de la ville. Dès la mise en place du projet au printemps 2017, le comité décisionnel avait pour ligne directrice de reproduire des éléments historiques et identitaires dans une mise en scène anachronique se déroulant dans une évocation architecturale du Manoir Ellice, situé à proximité de l’œuvre.
Le choix de l’artiste était primordial dans le processus de réalisation du projet. En effet, le style artistique devait correspondre à l’idée originale. C’est donc inspiré par la magnifique fresque du petit Champlain, quartier historique de la Ville de Québec, que le comité a choisi de travailler avec la firme Sautozieux, et ce, pour leurs extraordinaires talents et leur capacité à reproduire les plus petits détails en format géant ! Dès le début de la l’année 2018, suite à l’approbation finale du concept, les cinq artistes de l’entreprise, s’affairèrent à produire une grande partie de la toile géante, en atelier. Les canevas furent ensuite apposés au mur de la bibliothèque, puis retouchés, au début de l’été 2018.
RIEN N’EST LAISSÉ AU HASARD
La fresque illustre donc la devanture du Manoir Ellice à une époque où les murs extérieurs étaient en crépi de couleur pâle. On y retrouve des scènes illustrant des personnages et des références historiques des 150 ans d’histoire de la Ville. Bien entendu, le photographe Élie Gendron n’a jamais photographié madame Katherine Jane Ellice jouant de la guitare devant sa célèbre aquarelle « The insurgent at Beauharnois », mais les choix d’interactions entre les personnages relèvent tout de même de liens communs entre eux, tels que des liens familiaux, professionnels ou littéraires par exemple.
Au rez-de-chaussée du Manoir, on peut observer une religieuse anonyme et une fillette courant vers un ballon à l’effigie de l’équipe sportive des « Patriotes » évoquant ainsi les liens entre le passé et le futur. On remarque également de l’autre côté de la galerie, assis sur des chaises Kilgour, un groupe d’hommes représentant le milieu littéraire de Beauharnois, soit l’historien Yvon Julien et les auteurs Louis Dantin et Albert Laberge.
À l’étage sont illustrés le couple, Toussaint Rochon et sa femme Sophie Roy, puis Edward Ellice Senior et son fils Alexander Ellice regardant les cartes de la seigneurie, et finalement Anna Laberge, pionnière du monde de la santé. Bien au-delà des personnages qui s’y trouvent, la fresque illustre une multitude de détails rappelant au Beauharlinois d’importants aspects de leur histoire. Les scènes cachent entre autres une flèche de type Snook Kill en référence aux Amérindiens de la Pointe-du-Buisson. On aperçoit également sur la tablette du foyer, des lingots d’aluminium de l’Alcan, déposés sur une pile de papier sécurité de la Howard Smith Paper Company.




Le 28 juin 2017, la culture était au rendez-vous lors de l’inauguration de la Place commémorative du 150e, un nouvel espace vert rassembleur situé sur la rue Ellice tout près de l’hôtel de ville.
Depuis la création de ce nouvel espace en 2013, le lieu a passablement changé. Aujourd’hui, la Place commémorative compte trois oeuvres de grands artistes du pays :
- Cambrien, un immense nautilus de pierre de silice avec des fossiles et réalisé en 2013 par l’artiste d’origine ontarienne Bill Vazan;
- Artefacts urbains, comprenant trois pièces créées entre 1979 et 1983 par Armand Vaillancourt;
- Empreinte du temps, au-delà de 150 ans passés ensemble, trois nouvelles oeuvres monumentales réalisées par Pierre Leblanc qui était d’ailleurs présent le 28 juin à l’inauguration.
Ces oeuvres majestueuses ont été offertes gratuitement à la Ville par Pointe-du-Buisson, Musée québécois d’archéologie, grâce notamment au soutien financier considérable du Centre des arts contemporains du Québec à Montréal et Sorel-Tracy.
La municipalité a assumé l’aménagement paysager et l’éclairage du site.

En 2026, la Ville a donné vie à deux nouvelles murales qui mettent en valeur le territoire, sa nature et ceux qui l’habitent. Réalisées par les artistes muralistes Bosny et MiLi, ces œuvres transforment maintenant les façades de l’aréna et de l’usine de filtration J.-Armand-Poupart.
Sur la façade de l’aréna, Bosny propose une œuvre ludique mettant en scène une famille d’oies blanches qui nagent le long d’un ruban inspiré des vagues et de la présence de l’eau à Beauharnois. Le castor, le canard, le huard, le rat musqué et les quenouilles complètent la composition. À travers cette murale, l’artiste souhaite faire découvrir et apprécier la faune locale, tout en évoquant la vie en famille, les liens entre les générations et le jeu.




Au 107, rue Saint-Laurent, MiLi s’est plutôt inspirée des éléments naturels qui entourent l’usine de filtration : l’eau, les bateaux, les plantes et les petites créatures qui peuplent le secteur. Une souris, de l’asclépiade et plusieurs végétaux prennent notamment place dans l’œuvre. Pour nourrir sa création, l’artiste a invité les citoyens à une marche d’observation consacrée aux plantes, où photographie, dessin et découvertes ont permis de s’inspirer directement du milieu. Une petite bouteille contenant un message est même cachée dans la murale… saurez-vous la trouver?




Ces deux œuvres sont le résultat concret d’une démarche de participation citoyenne. En 2025, les Beauharnosiens ont été invités à proposer et à choisir des projets dans le cadre d’un budget de 25 000 $. Avec ces deux murales, les idées citoyennes s’inscrivent maintenant directement dans le paysage beauharninois, accessibles à toutes et à tous.

